Au quotidien ...

Au quotidien, rechercher le Seigneur...

Mais comment passer une journée sous le regard de Dieu ?

Comment grandir en sainteté ? En offrant notre quotidien au Christ, en le vivant unis à lui et à la Sainte Virege...

Concrètement voici les conseils du Père Michel-Marie Zanotti Sorkine :

"Je vais vous donner mon ordonnance pour une bonne santé spirituelle. Elle est gratuite et renouvelable à volonté !

Tous les matins, surtout si l’on va travailler, volontiers, on se lève du bon pied ! Le mot essentiel, vous l’avez compris, c’est « volontiers ». On se lève volontiers parce qu’on est vivant ! Et la première pensée devrait aller tout droit - même si elle est un peu embuée - jusque dans le cœur de Dieu pour lui dire un très beau « Je t’aime ! » et, déjà, un immense « Merci ! » pour tout ce que nous allons vivre. À genoux, debout, couché, qu’importe, mais qu’on lui dise bonjour. Croyez-moi, c’est déjà beaucoup ! Car, à ce moment-là, nous sommes désormais sous sa conduite, en quelque sorte en pilotage automatique, par cette simple pensée initiale, matinale, qui rétablit le contact conscient entre l’âme et le créateur qui est son Père.

Le temps d’un café, d’un thé, d’un chocolat, si auprès de vous il y a un époux, une épouse, des enfants, des parents, ne fixez pas le bol ! Regardez dans la direction des visages et essayez d’esquisser un sourire, surtout si ça ne vous dit rien du tout. Ah, là les choses commencent à se compliquer et heureusement qu’on a l’amour de Jésus dans le cœur, sinon, dès la première minute, adieu l’amour, adieu la charité !

Et voilà que la porte est claquée et nous voilà partis à la rencontre des autres et c’est là au fond que va commencer la grande épreuve. Parce que tant qu’on est avec soi ou avec les siens, en principe, en s’en sort assez bien. Mais dès qu’il s’agit d’affronter les voisins, les collègues de travail, que sais-je, ça, c’est une autre affaire. Mais là aussi, on peut s’en sortir, car notre âme peut dominer notre mauvaise nature qui se ferme à l’autre et qui le juge. Alors, comment faire cela ? Eh bien, il faut profiter du petit voyage que l’on fait en se rendant au travail, en faisant ses courses ou en vaquant à ses occupations habituelles, en voiture, à pied, pour rechercher et rappeler à notre conscience la présence de Jésus : « Jésus, je suis avec toi, je veux manifester par ma seule présence, par mes paroles, tout l’amour qu’il y a dans ton Cœur divin ! » Et puis, en même temps, on en profite pour réfléchir à notre défaut dominant, car nous avons tous un défaut qui domine le champ de notre comportement ou de notre pensée, ce défaut qui vient troubler notre rapport aux autres. Il s’agit donc de faire, de temps en temps, un check-up de son âme pour voir où les progrès sont attendus. Oui, il faut livrer bataille à coup d’exercices et d’efforts. Car, là, il est impossible de faire autrement si l’on veut plaire à Jésus et devenir un homme selon son cœur : il faut un entraînement, il faut de la vaillance et une vaillance répétée pour que l’humilité, la modestie, la douceur, la bonté, la patience, la gentillesse, l’amabilité, la générosité, le courage prennent force et prennent corps sur nos pensées et sur nos gestes. Si nous ne nous connaissons pas, nous ne pourrons ni progresser, ni nous embellir au rythme des années qui passent. Car l’intention de Dieu, alors que nous vieillissons, c’est que nous devenions toujours plus beau en notre humanité. Alors, au travail !

La journée avance, nous surveillons notre comportement et l’on se corrige lentement mais surement. Et c’est ainsi qu’immanquablement nous progresserons. Et alors que nous sommes en pleine activité, et là je vous donne un truc en or, il est bon d’avoir à portée de main, près de son ordinateur au bureau ou dans sa cuisine à la maison, une petite image de Jésus ou de la Sainte Vierge que l’on embrasse sans que personne ne nous voit, ou bien encore que l’on donne un baiser furtif à la médaille de son baptême suspendue à son coup. Et tout cela, très simplement, va nous rapprocher de Dieu et va nous garder en sa présence vigilante. Voilà ce qu’il nous faut, si nous voulons tenir dans un monde qui marche en avant à grande vitesse, mais qui ne sait plus vers qui et vers quoi.

Enfin, la nuit va tomber. Pour ceux qui travaillent, c’est l’heure du retour à la maison ; et pour ceux qui sont chez eux, l’heure de préparer un bon petit plat. Dans les deux cas, que l’on soit dans les embouteillages, dans le métro ou dans la poêle à frire, au lieu de s’énerver devant la routine de la vie, il faut en profiter pour prier et en particulier le chapelet que Marie nous a donné et qui a le pouvoir de nous calmer. Et derrière son apparente répétition, cette prière parvient à nous bercer, comme des enfants dans les bras de leur mère, et pas de n’importe quelle mère : de la Mère de Dieu ! En récitant ces 50 Ave Maria, même si l’esprit divague et tape dans tous les angles, de temps en temps, quelques paroles de l’Ave Maria nous ramènent vers notre Mère et nous maintiennent en sa présence et donc en celle de Dieu.

Attendez, la journée n’est pas finie ! Enfin, nous voilà à la maison, le soir, éreinté, fatigué par la journée, et Jésus compatit ! À ce sujet, je ne peux m’empêcher de penser à ce père de famille : je l’ai vu de mes propres yeux un soir rentrer de son commerce, il venait d’accomplir douze heures de travail harassant. En arrivant, il a embrassé son épouse, il s’est assis sur une chaise de la cuisine, les yeux chargés de fatigue. Alors, croyant bien faire, je lui ai dit : « Détendez-vous quelques instants ! ». Il m’a simplement répondu : « Non, mon Père, parce que dans une heure, les enfants vont se coucher, ils réclament à présent leur père, je leur dois ce temps ! » Et à chacun leur tour, les enfants grimpaient sur les genoux de ce père qui n’en pouvait plus, mais qui souriait ; à qui un câlin, à qui quelques mots glissés à l’oreille, sous les yeux apaisés de sa femme qui, de temps en temps, le regardait avec admiration. C’est cela, la vie, c’est cela, l’amour, c’est cela que Jésus réclame de nous : que nous priions et que nous cherchions par un amour extrêmement concret à rejoindre ceux qui nous sont donnés à aimer. S’il n’y a pas cet effort pour que l’amour demeure vibrant, extrêmement concret, eh bien, le Seigneur ne sera pas content de nous, parce qu’Il verra que nous ne mettons pas en application ce qu’Il vit, Lui, dans la Très Sainte Eucharistie en s’offrant, en se donnant totalement, corps et sang versés pour le salut du monde et pour que l’amour vive en nous ! Au fond, dans la vie, il n’y a que deux possibilités, et saint Augustin l’a exprimé de manière très forte : ou l’on choisit l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu ou l’on choisit l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi. Traduisez le mot « mépris » par « oubli de soi » qui est si caractéristique de la sagesse de l’Évangile. Mais qu’est-ce qu’on a d’autre à faire sur la terre ? Tout le monde veut avoir du temps pour soi, mais pour quoi faire ? Qu’est-ce que c’est que ce temps qu’on attend, comme ça, sans bouger ? Non ! C’est l’amour qui dynamise notre vie, c’est l’amour qui la rend pleine de grâces !

Revenons à notre journée : la nuit descend, il reste une courte soirée avec votre femme, votre mari ou tout seul ou avec des amis très chers, peut-être avec un bon livre, une revue à effeuiller, un joli film à voir. Dieu veut que son enfant trouve sa manière propre de se détendre, là encore, la liberté est entière ; Il attend simplement que nos devoirs d’amour envers les autres soient bien accomplis : que notre épouse, notre époux, nos enfants aient été écoutés comme il se doit et que nos parents âgés ne soient pas laissés à leur solitude effrayante pendant que l’on se payait du bon temps.

Attendez, il reste encore un acte à jouer. Les enfants dorment à présent, tout est tranquille dans la maison, la soirée s’achève. Et arrive l’instant de la dernière pensée qui, à son tour, devrait aller tout droit - même si elle est un peu embuée par le sommeil qui gagne - jusque dans le cœur de Dieu pour lui dire un très beau « Je t’aime ! » et, enfin, un immense « Merci ! » bien mérité. À genoux, debout, couché, qu’importe, mais qu’on lui dise bonsoir. Croyez-moi, c’est déjà beaucoup !

Vos journées seront bonnes si, du matin jusqu’au soir, quoiqu’il vous en coûte, vous choisissez de vivre avec Jésus, avec Marie, et de servir l’amour en vous oubliant de tout votre cœur !"

Prédication du temps de Noël
1.I.2009

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×